HISTORIQUE

VINGT CINQ SIECLES DE TRADITION VITICOLE

Vingt cinq siècles de tradition viticole

C'est au cinquième siècle avant notre ère que les Phocéens créent la colonie de Taurois - plus tard rebaptisée Tauroentum par les Romains - sur les hauteurs qui surplombent aujourd'hui le vignoble. Quand les Romains s'installent à leur tour en Provence, ils y trouvent de nombreux vignobles. Les vins de Massilia, provenant en grande partie de Tauroentum, sont alors célèbres dans toutes les Gaules. Les Romains les embarquent à bord de leurs galères à destination de toutes les colonies de leur empire comme en témoignent les amphores repêchées entre Bandol et l'île de Bendor. Au moyen âge de nombreux écrits font état de plantations de vignes et du commerce des vins dans la région en mentionnant le plus souvent le village de la Cadière, Bandol n'accédant en effet au statut de commune indépendante qu'en 1715.

Bonifiés par les voyages en mer

Les vins de Bandol étaient fort appréciés à la cour des rois de France. Louis XV, dit-on, n'usait d'ordinaire que de vins en provenance du quartier de Rouve (un terroir de la commune du Beausset). Les crus locaux étaient également très prisés outre-mer, en particulier aux Antilles. Monsieur de Boyer Bandol, seigneur du lieu, s'avisa même que ses vins se conservaient bien et se bonifiaient pendant les longues traversées. Cette aptitude particulière au vieillissement en mer, valut aux vins de Bandol d'être fréquemment embarqués comme lest sur les bateaux, ce qui leur donnait droit à diverses franchises douanières. Au XVIIIe siècle, les autorités administratives tentent de faire obstacle à la culture de la vigne pour favoriser celle des céréales ; mais plusieurs dérogations sont consenties à la région de Bandol en raison de la qualité exceptionnelle de ses vins. Le commerce et la réputation des vins de Bandol vont s'accroître encore avec la construction du port en eaux profondes. Auparavant les bateaux étaient obligés de rester en rade, les barriques étaient alors jetées à la mer puis hissées à bord ou acheminées vers les gros vaisseaux par des tartanes (petites embarcations méditerranéennes destinées au cabotage). Avec le nouveau port, les vins de Bandol s'ouvrent au monde entier, de la Chine à l'Amérique Latine. La ville elle-même se transforme en un vaste atelier de tonnellerie. A la fin du second empire ont y fabriquait 80 000 barriques de chêne par an. Ce bel essor est stoppé net, à Bandol comme dans tous les vignobles Français, par les ravages de l'oïdium en 1868, puis du phylloxèra en 1870 qui achève de détruire toutes les vignes. Ruinés, la plupart des vignerons capitulent devant l'immense coût de la reconstitution des vignobles, dont la rentabilité est d'autant plus aléatoire que l'apparition du chemin de fer a bouleversé le marché des vins Français.

La consécration de l'Appellation Contrôlée

Quelques pionniers ont cependant l'audace de replanter en Cinsault, Grenache et surtout Mourvèdre, le cépage traditionnel de la région. Le vignoble renaît peu à peu et les nouvelles générations de vignerons optent unanimement pour une production de qualité. Ils constituent un syndicat, coordonnent leurs initiatives, replantent les meilleures terres de l'ancien vignoble, perfectionnent leur métier. En 1941 les vins de Bandol reçoivent leurs titres de noblesse : l'Appellation d'Origine Contrôlée - l'une des première de France - leur est officiellement accordée par décret. Après des années d'efforts pour affiner leurs méthodes de préparation des sols, de culture, de taille et de vinification, les vignerons de Bandol méritent plus que jamais leur fameuse appellation. Mieux encore, en allant au-delà des exigences déjà strictes de l'A.O.C, ils ont hissé les vins de Bandol au rang des meilleurs crus de France, de ceux que l'on appelle les grands vins.

Un labeur acharné

De l'acharnement il en a fallut aux vignerons pour bâtir les fameuses restanques, ces gigantesques terrasses de pierres sèches montées à la main à flanc de coteaux. C'est pour planter et travailler la vigne dans ce décor accidenté, mais aussi pour éviter l'érosion, que toutes les terres de l'appellation ont été ainsi façonnées. Un chantier de titan, entrepris depuis des siècles et sans cesse poursuivi par des générations de murailleurs. Héritier d'un authentique art de la vigne, le vigneron du Bandol est avant tout un passionné qui soumet toutes ses actions à une exigence : la qualité.