LE TERROIR

VINGT CINQ SIECLES DE TRADITION VITICOLE

Situation géographique

D’une superficie de 1480 ha, le terroir de l’Appellation est concentré sur 8 communes varoises : Bandol, Le Beausset, Le Castellet, La Cadière d’Azur, Saint Cyr sur mer, Sainte Anne d’Evenos, Sanary et Ollioules. A l’abri du massif de la Sainte Baume au nord qui culmine à 1147 m, le vignoble de Bandol descend en restanques vers la mer dans un merveilleux amphithéâtre de collines boisées.

Climat

Protégé des écarts de températures par la proximité de la Méditerranée, le vignoble bénéficie de 3000 heures d’ensoleillement annuel. Les brises d’est et sud-est lui apportent juste ce qu’il faut d’aération et de pluies : 650 mm par an, répartis entre automne et hiver. Quand au Mistral, il permet de maintenir, même après de fortes précipitations, un climat parfaitement sain.

Un site privilégié à l’ensoleillement unique

Ce terroir millénaire dont les nectars réchauffaient déjà les papilles des Romains, ces terres entre mer et montagne sont bel et bien bénies des dieux. Orienté plein sud, face à la mer, le vignoble bénéficie d’un ensoleillement annuel de prés de 3000 heures. A ses pieds, la Méditerranée le protége des écarts de température alors que sur les hauteurs, les collines avec leurs pinèdes et leurs forêts de chênes, font barrage aux vents froids venus du nord. A l’abri de cet amphithéâtre naturel parsemé d’oliviers et d’amandiers, le vignoble jouit d’un microclimat où brises de mer et de terre lui apportent un juste équilibre d’aération et de pluie (650 mm par an, répartis en automne et hiver).

Des sols pauvres à très faible rendement

La nature des sols est, elle aussi, déterminante pour la qualité du site. La presque totalité de l’aire de production est située sur des terrains silico-calcaires du néo-crétacé. Une faible partie du vignoble se trouve sur les versants des îlots triasiques du Canadeau et du télégraphe et sur les éboulis calcaires du Sannoisien, du Jurassique et du Lias (zone de Sanary et de Saint Cyr). Les sols provenant de la désagrégation des roches mères qui jouent le rôle le plus important, sont issus de grés calcarifères et de marnes sableuses. Ce sont des terrains très arides, riches en éléments siliceux et naturellement pauvres comme il sied aux crus de haute lignée. Seules ces terres arides et les coteaux ont droit à l’Appellation d’Origine contrôlée qui occupe ainsi une superficie extrêmement réduite d’environ 1400 ha. On sait à Bandol que les sols aux rendements limités évitent la dilution des arômes et permettent au vin de révéler toute la richesse de ses saveurs. Alors que le décret d’AOC de 1941 limite la production à 40 hectolitres à l’hectare, les vignerons sont plus stricts encore, avec des rendements n’excédants pas les 35 hectolitres à l’hectare.

Géologie

Marnes et calcaires forment l’essentiel de ces terrains arides que délimite avec une rigueur extrême le décret d’appellation. La terre riche a coulé vers la plaine, laissant les coteaux à la vigne qui prospère dans la précieuse aridité des sols pauvres, comme il sied aux grands Crus.

Une exigence extrême

N’est pas Bandol qui veut. A Bandol, il faut compter de nombreuses années entre la décision de planter un hectare de vigne et la dégustation de la première bouteille. Lorsqu’il s’agit de vins rouges, pas moins de sept années s’écoulent avant la première vendange en AOC, qui est elle-même suivie d’un vieillissement de 18 mois minimum en fûts, requis pour son agrément. Plus encore : dès le mois de juin, la récolte est impitoyablement éclaircie par la vendange verte pour ne conserver que les meilleures grappes et favoriser une maîtrise des rendements ! Rappelons enfin que, conformément au décret d’Appellation, la vinification des vins de Bandol doit exclure toute opération d’enrichissement ou de concentration, même pratiquée dans la limite des prescriptions légales en vigueur. Seul le soleil provençal doit participer à leur élaboration. La qualité est à ce prix.

Un cépage roi, le Mourvèdre

On est pas peu fier, en Bandol, d’avoir su apprivoiser un cépage qui, partout ailleurs, refuse obstinément de bien mûrir : le Mourvèdre. Véritable signe extérieur de noblesse, ce grand cépage à maturation difficile et tardive a trouvé là son terroir d’élection. En mûrissant lentement au creux des coteaux, il garde dans le secret de ses grappes denses tous les éléments aromatiques qui font la richesse du vin et son harmonie. Il favorise en outre l’aptitude au vieillissement propre aux vins de l’appellation.

Mourvèdre et Bandol : le coup de foudre

On rencontre le Mourvèdre, en quantité confidentielle, dans d’autres vignobles Français où il mûrit généralement très mal. A Bandol, il a trouvé une véritable niche écologique. Ce plant de quatrième maturité convient parfaitement au très fort ensoleillement local. D’autres cépages ne produiraient sous de tels climats que des vins lourds et alcoolisés. Le Mourvèdre donne au contraire aux Bandol toute leur harmonie et leur élégance. Les plants de Mourvèdre portent des grappes de forme triangulaire aux raisins petits et serrés. Taillés en gobelets, ils forment avec le temps des ceps droits, aux sarments dressés vers le ciel. Le Mourvèdre est un cépage de très faible rendement : 25 à 30 hectolitres par hectare, alors que le maximum autorisé est de 40 hectolitres. Cette production est d’ailleurs assez aléatoire, les années se suivant souvent sans se ressembler. Le Mourvèdre doit représenter au minimum 50% de l’encépagement pour les vins rouges. Certains vignerons poussent la proportion jusqu’à 70, voire 80%. On retrouve également le Mouvèdre dans les rosés auquel son pouvoir antioxydant apporte une excellente tenue dans le temps. Toujours récolté le dernier, le Mouvèdre doit l’être avec un potentiel d’alcool de 12° minimum pour conserver tout son éclat.