MILLESIME 1998
Compte rendu de Mr Yves Perga (Commission technique de l'association "Les Vins de Bandol")
CULTURE
L’hiver a été relativement clément. Le débourrement s’est fait avec un peu moins d’avance qu‘en 1997, malgré une fin d’hiver assez douce et sèche (peu d’eau jusqu’à mi-mars).
Fin mars, les bourgeons se gonflent mais une période froide conjuguée au sec ont légèrement retardé le démarrage, voir perturbé la sortie (hétérogénéité sur certaines parcelles). Pas de dégâts du gel au cours des nuits des 13 et 14 avril (gros dégâts un peu partout en France, surtout Languedoc).
Mi avril, la pression en mildiou augmente à la suite des grosses précipitations au début du mois. Cette situation a occasionné quelques drapeaux d’oïdium aperçus en avril, puis stabilisation.
Mois de mai chaud qui a permis une pousse rapide et qui a augmenté les risques phytosanitaires. Sortie des grappes un peu limitée. Légèrement en recul par rapport 1997. Floraison un peu perturbée par quelques averses et par des variations de température. Malgré tout, pas trop de coulure.
Mi-juin, coup de Mistral très violent. Beaucoup de dégâts sur les parcelles ébourgeonnées depuis peu. Egalement casse de sarments ou arrachage de grappes. Début de sécheresse apparent. La maturité est très rapide, grâce aux températures élevées de jour comme de nuit. Le déficit hydrique est de plus en plus marqué : la vigne souffre. Ce stress entraîne la chute des premières feuilles, voir une défoliation sur certaines parcelles. Les grains restent petits. Certaines grappes seront échaudées en août.
VENDANGES
Les vendanges ont été précoces (8 à 10 jours par rapport à la normale) bien qu’un peu moins vis à vis de 1997. L’augmentation de la richesse en sucre a été très rapide sur les parcelles n’ayant pas trop souffert de la sécheresse. Le millésime 98 a une acidité en baisse par rapport à 1997. Par contre blocage ou ralentissement de maturité sur les zones sèches. Le déroulement de la récolte n’a pas trop été perturbé. A noter la grosse averse du 07 septembre (en général plus de 100 mm) immédiatement suivie de Mistral. Pas de conséquences néfastes notables à court terme, mais au contraire bénéfiques aux parcelles de Mourvèdre en difficulté. Le volume de vendange est globalement en baisse de 15 à 20 %, surtout lié au petit développement des grains.
VINIFICATION
Les Rosés et Blancs sont assez aromatiques (plus que 97, mais moins que 95 ou 96). Leur tenue en bouche est très belle (rondeur, gras, longueur). L’équilibre gustatif est bon mais avec le temps on peut craindre un peu de lourdeur due au taux élevé d’alcool. Les Rouges ont de belles robes soutenues et un beau potentiel aromatique, pour l’instant un peu fermé. L’équilibre gustatif est très bon. Les structures sont puissantes, mais les tanins sont très bien fondus. Très bon niveau général des rouges.
CONCLUSION
Sur le plan phytosanitaire, le bilan est bon, malgré une certaine pression en grande partie maîtrisée par les nombreux coups de Mistral. Au niveau physiologique la vigne a souffert. La récolte est de grande qualité mais en recul sur le plan de la quantité. Il faut néanmoins rester vigilant dans l’évolution du millésime car la vinification ne s’est pas déroulée très facilement.