Compte rendu de Mr Yves Perga (Commission technique de l'association "Les Vins de Bandol")
Descriptif du cycle végétatif
Les mois qui ont suivi les vendanges 2000 ont été chaotiques, perturbant les travaux d'hiver.
L'hiver ne fut pas froid mais pluvieux apportant quelques craintes quand à un éventuel débourrement précoce.
Démarrage de végétation fin mars avec une avance d'environ 10 jours sur 2000.
L'humidité ambiante début avril a provoqué une pression phytosanitaire assez importante.
Courant avril, coup de froid ralentissant la végétation. La vigne perd son avance, les risques phytosanitaires diminuent.
Courant mai sortie assez importante et régulière des inflorescences, la végétation est vigoureuse. La chaleur du mois accentue cette croissance et fait exploser les risques phytosanitaires.
La floraison s'effectue à date normale (fin mai). Elle se déroule dans de bonnes conditions.
La nouaison intervient avec environ 10 à 15 jours d'avance et se traduit par une coulure importante sur le grenache; plus limitée sur le cinsault. Le potentiel reste suffisant dans l'ensemble.
L'effruitage fut difficile à gérer compte tenu du beau potentiel du raisin, du souci de conserver la récolte et de la sécheresse naissante.
Maturation plus rapide et plus précoce que les autres années.
La véraison s'est faite normalement puis les concentrations en sucre se sont accélérées.
La maturité polyphénolique est quand à elle restée en léger retard.
A l'approche des vendanges la charge est faible, les grappes présentes mais petites. Les grains ne verront pratiquement jamais la pluie jusqu'à la récolte.
Vendanges
La récolte débute plus précocement qu'en 2000.
La maturité des cépages s'est resserrée et les apports en caves sont plus problématiques.
Il fut difficile de ne pas se concentrer sur la maturité alcoolique, et de ce fait certains jus sont apparus parfois assez durs avec quelques notes herbacées.
Les acidités paradoxalement bonnes ont pu laisser une petite marge quand à la détermination de la date de la récolte.
Vinifications
Les premières macérations ont laissé apparaître une bonne extraction des couleurs.
Les fermentations ne se sont pas toujours déroulées dans de bonnes conditions avec pas mal d'arrêts fin de sucre et des malos languissantes sur vins alcoolisés.
Une des particularité de ce millésime fut la gestion de la fermentation malolactique compte tenu de l'équilibre acide plus favorable.
Les vins
Le millésime est globalement bon avec de belles couleurs et une bonne tenue.
Le potentiel aromatique des rosés et bon, l'équilibre acide-alcool assez bon (sa gestion sera primordiale tant le potentiel alcool est élevé).
Belle tenue en bouche (gras, longueur).
Conclusion
L'évolution du cycle végétatif fut assez agité avec des variations de température fréquentes en début d'année.
S'en est suivi une période de sécheresse d'environ 4 mois (juin et septembre inclus).
L'impact sur la matière se traduit alors par une coulure marquée sur le grenache, une forte accélération de la maturité, des teneurs en sucre et un équilibre acide étonnament bon.
Après 2 millésimes pléthoriques la nature revoit sa copie (baisse des rendements d'environ 20%).
Les produits furent élaborés dans des conditions de fermentations assez pénibles.
Les conditions d'élevage et de conservation seront des paramètres décisifs quand à l'aboutissement de ce millésime.
Le déroulement du millésime 2001 présente quelques similitudes avec 1989 et surtout 1998. Mais gardons nous de faire un rapprochement trop hâtif avec ce dernier au niveau des vins. En effet, l'impact du stress hydrique s'est avéré de nature différente. Si en 1998 il le fut de façon violente (chute précoce des feuilles, blocage des maturités alcool et polyphénols sur certaines parcelles, grappes échaudées par les températures), en 2001 il semblerai qu'il soit de nature plus diffuse avec, après la nouaison, un ralentissement global de la végétation et un décalage maturité polyphénols/maturité sucres car la vigne à eu le temps de s'alimenter en eau par les grains.