Millésime
2003

Millésime 2003 Compte rendu de Mr Yves Perga (Commission technique de l'association "Les Vins de Bandol")

2003 restera, je l'espère, comme un millésime hors du commun avec des conditions climatiques très dures. Son contexte peut se schématiser en deux périodes très distinctes.
Tout d'abord une période qui s'étend de l'automne 2002 jusqu'en avril 2003, puis une seconde du mois de mai jusqu'à la récolte.

1ere époque très pluvieuse avec un cumul de 350 mm en 5 mois, désorganisant les labours d'automne et retardant ceux du printemps. Les séquences pluvieuses étant assez concentrées, les travaux de taille ce sont bien passés dans les périodes calmes et froides.

2eme époque sera au contraire une des plus sèche et chaude que nous ayons connu. Ses températures tout d'abord clémentes au printemps faisant exploser la végétation, puis devenant caniculaires, s'accompagnant très souvent par une défoliation de la vigne et finissant par des ralentissements ou blocages de maturité.

Détail du contexte :

 La période de repos hivernale fût assez chaotique, dans le sens ou il y a eu alternance rapide de grosses pluies, de beau temps et de froid. Au sortir de cette période "stressante" quand à l'organisation des travaux (notamment du sol) on pouvait considérer que le déficit hydrique fût comblé et les réserves reconstituées.

Débourrement comme en 2002 assez précoce.
Croissance végétative hétérogène suivant les parcelles, les cépages et leur date de taille. Début avril déjà des drapeaux d'oïdium sur les secteurs précoces.
Fin avril conditions défavorables, la pression phytosanitaire est forte.
Toujours une hétérogeneïté des parcelles allant d'éclatement des bourgeons à 6 à 7 feuilles étalées.

On peut considérer que la période sèche débute aux alentours du 20 avril.

Fin mai : pleine floraison pendant une vingtaine de jours favorables. La pression phytosanitaire est toujours présente notamment avec le mildiou et elle le restera jusqu'au début de la véraison fin juillet.

L'été fût caniculaire avec des températures sous abris dépassant les 40 degrés plusieurs jours d'affilée, des nuits chaudes rarement en dessous des 20 degrés et une quasi absence de pluie de fin avril à début septembre.

Conséquences :

- Consommation et évaporation très rapide du stock en eau.

- Stress végétatif plus précoce mais pas obligatoirement plus qualitatif.

- Blocage des maturations phénoliques et alcooliques si le stress est trop prononcé.

- Défoliation par réaction à la chaleur et au sec.

- Quantitativement les raisins sont nombreux mais petits. - Un état sanitaire visuel remarquable.

- Une pression microbiologique très forte constatée en cave à cause des PH élevés, d'une combinaison plus rapide du SO2 et de la température élevée.

 Les vendanges ont été précoces, fin août, s'effectuant dans une ambiance de chaleur assez forte nécéssitant des besoins en froid plus importants.

Conclusion :

La climatologie contrastée sur un terroir complexe a rendu l'année fort difficile à appréhender. La vigne a moins souffert du manque d'eau que de la chaleur, les redémarrages végétatifs de septembre et les rendements sont la pour le prouver. Sur le plan phytosanitaire, quelques évolutions oïdium au printemps, sinon profil classique aux autres années voire meilleur. L'évolution phénolique fût plutôt dans la norme de ces dernières années, à savoir précoce sur une sortie de raisin non négligeable. La gestion de la chaleur fût un élément particulier pendant la vinification 2003, tout comme la pression bactérienne. 2003 restera comme un millésime aux ingrédients inquiétants, mais qui au final se traduit par des vins qui sont certes un peu moins expressifs (chaleur oblige) mais d'un équilibre et d'un niveau qualitatif intéressant.

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